Bébés prématurés : leur seuil de viabilité recule d’une semaine chaque décennie

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C’est une bonne nouvelle pour les parents qui angoissent à l’idée que leur nouveau-né soit prématuré. Grâce aux grandes avancées scientifiques dans les pays développés depuis plus de 30 ans, les équipes médicales parviennent maintenant à sauver les bébés en grande prématurité nés à moins de six mois de grossesse intra utero.

Chaque décennie, leur seuil de viabilité gagne une semaine

Un bébé est dit prématuré lorsqu’il naît avant avoir achever 37 semaines de grossesse. L’événement était relativement rare auparavant mais les prématurés se font de plus en plus fréquents ; depuis 1995, le nombre de prématurés au augmenté de 20%. Heureusement, depuis les années 80, les progrès médicaux permettent de sauver ces grands prémas.

Mikael Norman, médecin et professeur de pédiatrie, coauteur de l’étude, raconte.

Auparavant, face à un bébé né à 22 ou 23 semaines, un médecin pouvait dire qu’il ne valait pas la peine de faire quoi que ce soit.

Si l’age gestationnel minimum était considéré comme 28 semaines il y a 40 ans, aujourd’hui, des bébés survivent à 22 semaines seulement, en pesant quelques fois 500 grammes seulement.

Médecin en néonatalogie et professeur pédiatre à l’Université d’Iowa, Edward Bell témoigne de cette avancée spectaculaire.

Je fais ce métier depuis 40 ans, et j’ai vu le seuil de viabilité reculer d’une semaine tous les 10 ans dans mon hôpital.

Trois avancées majeures pour justifier cette progression

Dans le monde entier et particulièrement dans les pays développés, trois avancées médicales majeures permettent de justifier cette évolution de la gestion des prématurés.

Tout d’abord, l’invention des surfactants artificiels injectés dans les poumons des nouveau-nés leur permet de respirer en remplaçant une substance qu’ils ne peuvent pas encore synthétiser seuls.

D’autre part, des stéroïdes sont injectées aux mamans sur le point d’accoucher, afin de permettre une maturation accélérer des poumons du prématuré en passant d’une semaine à un jour seulement.

Enfin, le progrès des appareils respiratoires joue pour beaucoup aussi dans cette progression.

La Suède détient le record mondial

Si cette limite n’a de cesse de reculer avec le temps, certains pays se distinguent. C’est le cas du Japon avec ce bébé de 268 grammes rentré chez lui en bonne santé après 5 mois d’hospitalisation.

Selon une étude américaine publiée dans la revue Jama, entre 2014 et 2016, 77% des enfants nés en Suède entre 22 et 26 semaines ont survécu un an, contre 70% entre 2004 et 2007. Uniformisant ses procédures en cas d’accouchement de prématuré, la Suède dispose maintenant dans 88% des cas d’unités de soins intensifs néonatals parmi les plus performantes assurant la réanimation systématique des bébés.

Des bébés de moins de 400 grammes survivent maintenant

Tant en France qu’aux États-Unis ou encore au  Royaume-Uni, la moitié des grands prématurés nés à moins de 26 ou 27 semaines survivent. Cette survie gagne du terrain, y compris pour les rares bébés pesant moins de 400 grammes. Aux USA, 13% des bébés de moins de 400 grammes nés entre 22 et 26 semaines entre 2008 et 2016 ont survécu, dont l’un faisait seulement 330 grammes.

Cependant, la naissance d’un enfant prématuré peut entraîner des risques de complications sévères et nombreuses. Trois quarts de ces bébés présentaient des retards de développement à l’age de deux ans, ce qui parait assez logique.

Cela montre que la survie est possible. On ne peut pas dire nettement que ces bébés doivent toujours être réanimés, mais les parents doivent recevoir cette information et avoir leur mot à dire pour décider de la réanimation.

En France, 60 000 bébés environ naissent avant le terme.

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