Continuité pédagogie et confinement : parents, professeurs, enfants, calmez-vous bordel !

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La continuité pédagogique ne doit pas être interrompue par le confinement malgré la pandémie de Coronavirus et c’est une très bonne chose. Cependant, on assiste à des aberrations depuis la mise en pause de l’école et ces dérives nuisent à l’enseignement des enfants.

Des passages obligatoires par la case École

Dans certaines écoles, les enfants doivent remettre leurs devoirs à l’école, l’occasion d’une petite promenade familiale.

De son côté, l’enseignant a l’obligation par ses supérieurs hiérarchiques d’être présent dans les locaux de l’établissement un jour par semaine généralement, pour imprimer des feuilles de leçons et d’exercices à faire passer aux élèves ne disposant pas d’imprimantes. Le cas n’est pas unique sur le territoire, de nombreuses demandes contradictoires ont été enregistrées par les syndicats de professeurs alors même que les déplacements sont à limiter.

On assiste à une gestion de crise lamentable de l’Éducation Nationale qui, au lieu de protéger enfants et professeurs, continue de forcer les mouvements et les incite à être dans l’illégalité.

Des devoirs par milliers

D’autres professeurs proposent chaque jour à leurs élèves des cours à imprimer (merci de préserver nos arbres). Cela donne des scènes assez improbables où on se retrouve avec plusieurs dizaines de pages à réaliser en une journée.

Une amie professeur des écoles nous confiait qu’elle passait la journée entière à faire ses exercices avec son garçon de 7 ans. Une autre amie nous montrait une photo impressionnante du nombre de pages à étudier quotidiennement.

Sous prétexte de continuité pédagogique, on va finir par dégoûter les enfants avec des parents qui s’improvisent professeurs et veulent bien faire. D’ailleurs, qui peut se permettre de passer autant d’heures avec sa progéniture pour jouer l’enseignant ? Le choix est cornélien entre prendre du temps pour son travail, pour sa famille, pour l’école et tout le reste…

La rentrée va piquer, pour tout le monde.

Je vous renvoie à l’excellent sketch d’Olivia Moore qui résume avec justesse et beaucoup d’humour noir la situation actuelle.

3 semaines de continuité pédagogique, on fait le bilan ? Spoiler : c’est pourri !

Merci à Olivia Moore (qui nous régalait déjà avec son sketch sur la maman) et Caroline Chaumin pour cette crise de rire sur la continuité pédagogique pendant le confinement.

A trop en faire, on fait mal

Au final, ce confinement va donner un niveau scolaire éclectique à la rentrée, de l’enfant dont l’adulte référent aura fait cours chaque jour à celui qui sera resté devant la TV parce que ses parents ont un travail impossible à réaliser à distance… Donc un niveau encore plus disparate entre les enfants. Quid de ce nouvel échec scolaire ?

C’est assez facile à dire mais cela se vérifie. Les enfants, s’ils ont été bien renseignés sur la gravité des événements (merci Playmobil), savent qu’ils ne sont pas en vacances. Et que, même s’ils n’ont pas école, l’instruction reste obligatoire. Pourtant, il peut être délicat de trouver un équilibre entre pro, école, perso, le tout en confinement dans un espace clos avec tous les membres de la tribu.

Je ne vous donnerai pas de conseils, nous faisons école à la maison depuis 5 ans et le confinement a surtout supprimé nos déplacements à l’extérieur. Nous avons la chance d’avoir un jardin et de profiter du beau temps depuis le début mais cela ne change pas notre manière de faire. A mi-temps, ma femme et moi nous occupons des enfants et, l’autre moitié du temps, on vaque à nos occupations professionnelles ou privées.

Reste que l’école à la maison a été un choix de notre part, qui se voit confirmé par la dureté de ce nouvel enseignement à distance proposé par l’EN.

Cependant, je ne saurais trop vous recommander de lever le pied. A trop forcer, on finit par dégoûter. Sous prétexte de continuité pédagogique, on demande aux enfants – et aux parents – de travailler plus que d’habitude dans des conditions hostiles (à la maison). La phobie scolaire n’est pas un mythe. Ne passez pas la journée entière à faire classe ! Il peut s’avérer nécessaire pour vous que votre enfant reçoive un savoir mais dans une amplitude horaire réduite.

Et le reste du temps, si l’oisiveté peut être mauvaise, pensez apprentissage autonome et autonomie. Demandez-lui de vous aider à faire tourner la maison (repas, ménage, préparations diverses), laissez-le s’occuper avec des livres ou BD, réduisez les temps d’écran. Pour concilier les devoirs avec le rythme parfois chaotique, essayez de bloquer un créneau horaire quotidien qui sera le moment de faire les tâches scolaires. Une bonne visibilité de son agenda du jour peut améliorer les choses.

Pour vous chers professeurs, arrêtez de surcharger vos élèves de devoirs. Ce n’est pas les aider que de les forcer à faire plus qu’ils ne feraient en classe – et avouez que vous ne pourriez pas faire ce que vous demandez aux parents de faire en une seule journée avec vos 30+ élèves. Relevez-vous, arrêtez de courber l’échine et redevenez maître de votre enseignement, vous formez les adultes de demain bordel !

Toi, jeune, profite de ce confinement pour prendre du temps pour toi. Essaye de faire preuve de patience et de plus de compréhension qu’habituellement. Il en va de l’équilibre de votre cocon familial. Amuse-toi, joue beaucoup, travaille intelligemment et, si tu veux faire peu, assure-toi de le faire bien.

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