Poème : Pardon aux pères

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Ce très beau poème m’interpelle profondément…

Pardon aux pères

Pardon.

Pardon pour tout ce qui vous a été volé, et le sera encore.

Pardon de ne pas vous impliquer dans les préparations à la naissance : comme si accueillir un enfant dans votre vie se résumait à le sortir du ventre de sa mère. Dès le départ, les jeux sont joués – vous n’êtes pas encore pères, et vous êtes déjà écartés.

Pardon de vous avoir sortis des maternités pendant les confinements.

Pardon d’avoir sous-entendu que non, vos présences n’étaient pas indispensables à la naissance de vos enfants. Ni pendant leurs tous premiers jours de vie. Ces enfants, qui portent la moitié de vos génomes.

Pardon de ne pas systématiquement vous associer aux soins des nouveaux-nés. C’est en prenant soin, en répondant aux besoins de vos nouveaux-nés que vous auriez vite tissé de précieux liens de confiance et de communication.

Plus vicieux encore, pardon de vous avoir fait croire que c’était instinctif pour les jeunes mères (!) et que vos doutes, vos manques de confiance étaient la preuve que vous ne sauriez pas bien faire.

Pardon de vous avoir volé une grande partie de tout ce que vous auriez pu donner… et recevoir.

Pardon de vous renvoyer au travail si vite après la naissance. Sous-entendant par là que non, vos nouveau-nés n’ont pas besoin de vous. Non, l’empreinte de vos voix, de vos visages, de vos mains, le son de vos cœurs qui battent… tout ça n’est pas essentiel à ces petits êtres qui venaient de naître.

Non, vous n’avez pas vos nouvelles identités de pères à intégrer, non, vous n’êtes pas épuisés par le rythme des premières semaines, des premiers mois.

Pardon de vous avoir volé ces moments si précieux, et qui ne reviendront jamais.

Pardon de ne pas vous avoir expliqué dès le départ, le rôle que vous aviez auprès de vos partenaires et de vos bébés. Pardon de vous avoir fait sentir que vous étiez inutiles. Pardon pour les dégâts que cela a pu créer dans vos estimes de vous-mêmes, dans vos couples et dans vos familles.

Pardon, pardon, pardon.

La liste est longue et je pourrai continuer longtemps encore…

Mais c’est un coup de gueule que je voulais poser ici depuis longtemps. Les mots ne sont pas parfaits. C’est un début, écrit avec le cœur.

Une ode aux papas

Ce texte écrit et illustré par Maude Bonnenuitmonange est tout bonnement magnifique.

Peu impliqués, aidés, accompagnés, trop résignés, impuissants, hésitants. Tout ce qu’on vole aux pères, sous prétexte d’urgence sanitaire, d’instinct maternel, de machisme sociétal…

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